Comment prévenir le VIH | PrEP et les autres méthodes

19.1.2021
6 min de lecture
Dr Caley Shukalek
Kelsey (Kel) Sembaliuk

La prévention du VIH peut être un sujet de réflexion décourageant et angoissant. Nous avons essayé de faciliter la compréhension et de vous présenter les différentes manières de prévenir le VIH.

Qu'est-ce que le VIH ?

Le VIH, acronyme pour virus de l'immunodéficience humaine, est un virus affectant les cellules immunitaires de votre corps - ce sont ces cellules qui luttent contre les maladies et les blessures. Le VIH affaiblit le système immunitaire, ce qui rend plus difficile la récupération et la guérison des infections générales et des maladies liées au VIH. S'il n'est pas traité, le VIH peut se développer et devenir le syndrome d'immunodéficience acquise  - la maladie plus connue sous le nom de SIDA - pour laquelle le pronostic n'est généralement pas optimiste. Cependant, les bonnes nouvelles sont qu'avec une détection précoce et une bonne adhésion au traitement , la majorité des personnes séropositives ne développent pas le SIDA.

Il est possible d’être séropositif sans le savoir et, bien qu’il n’y ait pas en ce moment de remède au VIH, il existe des méthodes de traitement qui permettent aux personnes séropositives de vivre longtemps tout en étant en santé. Ceci démontre l’importance de se faire tester, même si à votre connaissance vous n’avez pas été en contact avec une personne séropositive! 

Comment une personne contracte-t-elle le VIH ?

 Pour être honnête, tout le monde est à un certain degré de risque lorsqu’on parle de risque de contracter le VIH. Peu importe votre âge, sexe, genre, orientation sexuelle, origine ethnique, etc., vous pourriez être en contact avec le VIH et le contracter. Certaines personnes sont plus à risque que d’autres de contracter le VIH, mais personne n’est complètement à l’abri. 

 Le VIH peut uniquement être transmis quand le sang, le sperme, les fluides du rectum/du vagin ou le lait maternel d’une personne séropositive entrent dans le sang d’une personne qui n’a pas le VIH. Les interactions les plus courantes qui présentent un risque pour le VIH sont les relations sexuelles et le partage d’aiguilles pour l’injection de drogues (incluant les drogues illicites, les stéroïdes ou les hormones).

 Cela pourrait toutefois vous rassurer de savoir que le VIH ne peut pas être contracté en se serrant la main, en se faisant l’accolade, en s’embrassant, en éternuant, en allant à la piscine, par les sièges de toilettes ou en utilisant un abreuvoir. De plus, le VIH ne peut pas être transmis par les insectes ou les animaux!

Combien de personnes sont séropositives au Canada ?

À la fin de l’année 2018, les estimations nationales concernant le VIH font état d’environ 62 050 Canadiens séropositifs, parmi lesquels on estime que 8300 sont non diagnostiqués. Si on met les chiffres en perspective, ces 62 050 personnes représentent un taux de prévalence de 167 personnes sur 100 000 au Canada. 

Le nombre de nouvelles infections au VIH a augmenté au fil des ans au Canada - on estime qu’il y a eu 2242 nouvelles infections rapportées en 2018, ce qui reflète une incidence de 6 personnes sur 100 000.

Malheureusement, quand on regarde le taux d’incidence ci-haut, les hommes gais, bisexuels et les autres hommes qui ont des relations sexuelles avec des hommes représentent un peu plus de 50% des nouvelles infections au VIH malgré qu’ils représentent seulement 3 à 4% de la population adulte au Canada, ce qui n’est pas une statistique encourageante.

Ces chiffres à eux seuls peuvent faire peur si on n’a pas une compréhension des méthodes de prévention et de traitement, et estimer le risque réel de contracter le VIH n’est pas une tâche simple ou facilement généralisable.

Quel est le risque de contracter le VIH ?

 Les probabilités de transmission du VIH diffèrent, tout dépendant du type de relation sexuelle et du niveau de protection utilisée; les estimations diffèrent aussi en fonction des études qui sont réalisées. Ceci étant dit, si on analyse les métadonnées pour chacune des études qui cherchent à identifier le risque de la transmission du VIH pour différents types de relations sexuelles non protégées, le risque estimé est plus élevé pour les relations sexuelles anales réceptives (1.4% en moyenne) et plus faible pour les relations sexuelles vaginales avec pénétration (0.04% en moyenne).

Cependant, il est important de noter que ces estimations ne prennent pas en considération divers facteurs de risque cumulatifs, et tenter d’y arriver d’une façon qui soit significative et généralisable est pratiquement impossible. C’est la raison pour laquelle est il est extrêmement important d’envisager de se faire tester pour le VIH de façon régulière, et d’être suivi par des médecins expérimentés qui ont une bonne compréhension du VIH, de son traitement, de la prévention et des facteurs de risque individuels.

Quelles sont les différentes méthodes de prévention du VIH ?

Il existe différentes méthodes de prévention de la transmission du VIH, et la meilleure façon de réduire votre risque est d'en utiliser plusieurs en combinaison. Certaines méthodes de prévention sont spécifiquement destinées aux personnes séronégatives, tandis que d'autres ne sont disponibles que pour les personnes séropositives afin de réduire leur risque de transmettre le VIH à leurs partenaires. Cependant, de nombreuses méthodes de prévention du VIH peuvent être utilisées de manière universelle, et même si vous ne pouvez intégrer qu'une seule méthode de prévention dans votre vie, c'est un pas positif pour faire de votre santé sexuelle une priorité et réduire la transmission du VIH !

Voici quelques suggestions de méthodes de prévention; vous pourrez en lire davantage plus bas au sujet de certaines d’entre elles:

  • Utilisation correcte et consistante du condom, en association avec un lubrifiant à base d’eau ou de silicone. Rappelez-vous d’éviter les lubrifiants à base d’huile puisqu’ils peuvent avoir un effet sur l’intégrité du condom et causer sa rupture!
  • PrEP orale quotidienne utilisée par les personnes séronégatives afin d'éviter de contracter le VIH. PrEP = prophylaxie pré-exposition. Cette méthode de prévention peut réduire le risque de transmission du VIH de 99% en respectant scrupuleusement les directives d'utilisation !
  • PEP utilisée par les personnes séronégatives dans les 72 heures suivant l'exposition au VIH. PEP = prophylaxie post-exposition. Ceci est une méthode de prévention du VIH réactive et le traitement doit être suivi durant 28 jours.
  • Éviter le partage des jouets sexuels
  • Utiliser une seringue neuve à chaque nouvelle injection de drogues, stéroïdes ou hormones, et ne jamais partager de seringues ou de matériel pour la drogue, même avec votre partenaire.
  • Traitement VIH destiné à la suppression de la charge virale d’une personne séropositive. Pas de charge virale détectable? Pas de risque de transmission du VIH!
  • Faites-vous tester ! Le savoir, c’est le pouvoir. Si vous connaissez votre statut concernant le VIH, vous pouvez déterminer de manière plus efficace quelle méthode de prévention vous convient, à vous ainsi qu’à votre/vos partenaire(s). .

Méthode 1: Utilisation du préservatif (condom)

Lorsqu’il est utilisé correctement et de manière consistante, le condom est hautement efficace dans la prévention de la transmission du VIH. Les condoms faits en latex, polyuréthane, nitrile ou polyisoprène sont imperméables: le VIH ne peut pas passer à travers ces matériaux. (C’est quoi tout ça, vous demandez-vous? Ce sont différents matériaux avec lesquels on fabrique les condoms! La plupart des condoms qu’on trouve en pharmacie sont faits dans l’un ou l’autre de ces matériaux.)

L’utilisation du condom est encore plus efficace dans la prévention de la transmission du VIH lorsqu’il est accompagné d'un lubrifiant à base d’eau ou de silicone. Évitez d’utiliser des lubrifiants à base d’huile puisqu’ils peuvent endommager le condom et accroître le risque de rupture de celui-ci.

Même lorsque le condom est bien utilisé, de manière consistante et en association avec votre lubrifiant favori à base d’eau ou de silicone, il est possible que le condom se rupture, glisse ou coule, réduisant son efficacité dans la prévention de la transmission du VIH. Toutefois, les recherches suggèrent que le taux d’échec d’utilisation du condom décroît avec la fréquence d’utilisation et le nombre d'expériences de ruptures de condoms, ce qui porte à croire que les mauvaises utilisations du condom diminuent au fur et à mesure qu’une personne devient plus à l’aise de les utiliser et apprend à les utiliser correctement. La morale de l’histoire? Utilisez les condoms de la bonne façon et de manière consistante, et pensez à l’utilisation du condom conjointement avec des méthodes de prévention additionnelles pour assurer votre sécurité et celle de votre/vos partenaire(s).

Méthode 2 : Prophylaxie post-exposition (PEP)

PEP est une série de comprimés que vous pouvez prendre très tôt après avoir été exposé au VIH (i.e. relations sexuelles non protégées), qui diminue vos chances de le contracter. Toutefois, vous devez commencer à prendre PEP ans les 72 heures (3 jours) après avoir été exposé au VIH, sinon le traitement ne fonctionne pas. Avec PEP, plus tôt vous commencez, plus efficace est le traitement - chaque heure compte!

Il faut prendre PEP 1 à 2 fois par jour pendant 28 jours. Les médicaments utilisés dans PEP sont des antirétroviraux et certains d’entre eux sont les mêmes médicaments qu’on retrouve dans PrEP (pour prévenir le VIH) et dans ART (pour traiter le VIH) - lesquels sont décrits ci-dessous.

Méthode 3 : Prophylaxie préexposition (PrEP)

PrEP est le diminutif de «prophylaxie préexposition», et réfère à la méthode de prévention du VIH qui consiste à prendre un comprimé du médicament bien connu Truvada (marque déposée) par voie orale chaque jour. PrEP est uniquement utilisé par les personnes séronégatives, et son efficacité dépend du fait de suivre à la lettre les lignes directrices pour son utilisation. Techniquement, il y a deux manières de prendre PrEP, mais la seule méthode approuvée par Santé Canada est l’utilisation quotidienne par voie orale. Certaines personnes pensent à l’utilisation de PrEP «sur demande», ce qui est une méthode intermittente d’utiliser PrEP, mais elle n’est pas approuvée par Santé Canada car la recherche concernant cette utilisation est limitée, et c’est une méthode moins efficace que l'utilisation quotidienne.

Quand on suit à la lettre les lignes directrices pour l’utilisation quotidienne de PrEP par voie orale, le risque de transmission du VIH est réduit de 99%! Vous avez bien compris, 99%! L’efficacité diminue si PrEP n’est pas pris chaque jour. La plupart des gens qui choisissent de prendre PrEP tolèrent bien le traitement sans aucun effet secondaire ou effets à long terme sur leur santé.

PrEP est la manière la plus efficace de réduire le risque de contracter le VIH pour une personne séronégative, mais il est important de se rappeler que prendre PrEP quotidiennement ne réduit pas le risque de contracter d’autres infections transmissibles sexuellement (ITS). Le plan de traitement le plus complet inclut l’utilisation correcte et consistante du condom, une bonne communication entre les partenaires, l'engagement  personnel dans des soins médicaux de façon continue et, lorsque pertinent, dans le traitement et le counseling en santé sexuelle générale. 

Si vous souhaitez savoir si la PrEP est pour vous, consultez notre article "La PrEP est-elle pour moi ?" ou envisagez de lire l'expérience de Jaye Garcia (patiente et modèle Freddie) sur la PrEP.

Obtenir PrEP n’a pas toujours été chose facile. La connaissance de PrEP n’est pas tout à fait au niveau où elle devrait être afin que nous puissions améliorer l’accès à PrEP pour les gens qui pourraient en bénéficier, et la vaste majorité des médecins ne sont pas bien formés ou pas assez expérimentés concernant la prévention du VIH et l’utilisation de PrEP. Nous recommandons que vous parliez à votre médecin de famille ou que vous réserviez une consultation téléphonique gratuite avec nous.

Méthode 4 : Traitement antirétroviral (ART)

Pour les gens qui sont diagnostiqués et vivent avec le VIH, le traitement antirétroviral (ART) peut être une méthode efficace pour supprimer la quantité de virus (ce qu'on appelle la «charge virale») présente dans le sang et les autres fluides corporels d’une personne jusqu’à des niveaux indétectables en trois à six mois après le début du traitement. Une charge virale plus basse est associée à un risque amoindri de transmission du VIH aux partenaires sexuels. Plusieurs études ont apporté des preuves qui soutiennent l’utilisation d’ART conformément avec un engagement personnel dans les soins de santé, et démontrent qu’une charge virale indétectable sur le long terme indique que la personne ne transmettra pas le VIH par voie sexuelle. Toutefois, il est important de noter que, pour réussir à ce que la charge virale soit indétectable, la personne doit suivre le traitement ART à la lettre, et choisir ART ne garantit pas qu’une personne sera en mesure de faire en sorte que sa charge virale devienne indétectable. 

Conclusion

La prévention du VIH peut représenter un défi de taille et peut causer une certaine anxiété quand on y pense. Si vous souhaitez parler à un clinicien Freddie pour mieux comprendre quelles sont vos options, contactez-nous! Vous pouvez réserver une consultation téléphonique gratuite avec nous en tout temps. Nous sommes là pour vous, et nous vous offrons un espace inclusif, dénué de jugement et accueillant pour que vous puissiez exprimer vos besoins et vos préoccupations. Nous vous assurons qu’il existe des options, peu importe qui vous êtes, et nous vous soutenons, peu importe les décisions que vous prenez.

Écrit par :
Dr Caley Shukalek

Caley est passionné par les soins fondés sur des données probantes et centrés sur le patient, y compris la télémédecine qui peut fournir des soins de haute qualité, quel que soit l'endroit où un patient peut choisir.

Il a participé à la création des directives PrEP de l'Alberta et travaille comme spécialiste en médecine interne générale avec une formation complémentaire en santé sexuelle, y compris le VIH et les infections sexuellement transmissibles.

Il est titulaire d'une maîtrise en santé publique de l'université Johns Hopkins, d'un doctorat en médecine de l'université de Calgary et d'une maîtrise en sciences de l'université d'Alberta.

Kelsey (Kel) Sembaliuk

Kel est passionnée de justice, d’inclusivité et de déstigmatisation. Elle détient un baccalauréat ès arts avec une majeure double en criminologie et psychologie, et a de l’expérience de travail dans la sensibilisation à la violence sexuelle. Kel est une grande fan de ski, d’escalade, de tatouage et de musique punk live.

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